[CONSEIL MUNICIPAL] 20190701 // Arthur Remy // Végétalisation presqu’île

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[CONSEIL MUNICIPAL] 20190701 // Arthur Remy // Végétalisation presqu’île

2019/4855 : Lancement des travaux de l’opération n°60078001 « Végétalisation de la presqu’île » (5’)

 

Monsieur le Maire, chers collègues,

 

Avant tout de chose, je voudrais vous rassurer mes chers collègues, je suis toujours pour la végétalisation de la ville, je suis toujours pour l’expérimentation de nouvelles pratiques dans l’espace public… En atteste tout le travail que j’ai mené au cours de ce mandat au sujet de l’aménagement de la place Chardonnet dans le 1er arrondissement. Mais, que voulez-vous, comparaison n’est pas raison ! Et c’est pour cela que je m’abstiendrai sur ce dossier, car, au-delà des mots et d’un vocabulaire que vous empruntez à d’autres, vous ne maîtriser pas du tout ces notions. Et donc, votre dossier manque cruellement d’ambition et surtout de sincérité.

 

Voici donc, Monsieur le Maire, que vous vous apprêtez, pour 600 000 €, à proposer une expérimentation de végétalisation de la presqu’île… Permettez moi de décortiquer un peu cette phrase…

 

Nous avons donc d’abord le mot « expérimentation ». C’est bien l’expérimentation, ça permet de tester diverses solutions, de préfigurer de réponses adaptées aux réalités du terrain… Mais pour expérimenter, il faut vraiment expérimenter ! Donc une vraie expérimentation en matière d’espace public, cela consiste à tester, grandeur nature, diverses solutions. On se donne une semaine sur cette configuration, puis on change … et ainsi de suite. Et à la fin du processus d’expérimentation, on en tire des conclusions. Voyez-vous, en tant que professionnel, je conseille cela à des collectivités en matière de plan de circulation.

Votre expérimentation à vous, elle s’arrête à proposer une configuration pendant 18 mois et on concertera en parallèle. A quoi cela va servir ? Quel est le sens de cette expérimentation ? Quelle est la place au débat quand une seule et unique solution est proposée ?

 

Ensuite, nous avons le mot « végétalisation »… Là aussi, c’est très bien la végétalisation en ville. Cela permet de réduire l’effet d’îlot de chaleur urbain auquel notre ville est particulièrement sujet. Nous ne pouvons pas ignorer ce phénomène après une telle semaine caniculaire. Mais pour que la végétalisation ait un effet sur la température, il est nécessaire de la planter en pleine-terre, car ce qui créé l’effet de rafraichissement – et vous le savez très bien, car vous avez aménagé Garibaldi dans cette intention – ce qui créé l’effet de rafraichissement, c’est l’évapotranspiration des arbres.

Ce que vous proposez : des plantes et des arbres en bac … on n’est pas loin du concept d’embellissement des villes, concept qui date de l’après-guerre. Alors qu’au début du mandat, vous aviez demandé aux adjoints d’arrondissement aux espaces verts, de supprimer des bacs et jardinières pour des raisons d’économie, aujourd’hui grosse reculade. Et c’est aux antipodes d’un aménagement respectueux de l’environnement, car les plantations en bac sont très consommatrices d’eau. Toutes les publications actuelles en matière d’aménagement urbain vous le diront !

 

Monsieur le Maire, je le disais, en introduction, que ce dossier manque cruellement d’ambition et de sincérité : oui, vous juxtaposez des termes à la mode dans l’aménagement urbain, sans pour autant comprendre leur substantifique moelle. Par contre, en matière de dépense d’argent public, sur ce dossier, on peut dire que vous êtes ambitieux et sincère : 600 000 €, c’est le prix du parc Sutter qui devait être réhabilité sur ce mandat. Donc grosso modo, avec cette opération de végétalisation, on ne réalise pas un parc urbain ! 

 

Alors pour 600 000 €, nous pourrions espérer que cette expérimentation de végétalisation se fasse en lien avec l’expérimentation mensuelle de la piétonisation de la presqu’île proposée par la Métropole de Lyon. Et c’est à cette condition que les mots que vous employez dans ce dossier retrouveront un sens sur le terrain. C’est en liant la question des espaces verts avec la question des mobilité que ces expérimentations apporteront des réponses adaptées aux problématiques de la presqu’île : mise en valeur de l’appareil commercial, apaisement de la circulation automobile au profit du confort pour les piétons.

 

Conscient de ces questions, Jean-Pierre Bouchard, adjoint à la vie économique dans le 1er arrondissement, a, au cours de ce mandat, impulsé une politique de piétonisation des pentes de la Croix-Rousse. Nous voyons dans cette extension à l’ensemble de la presqu’île une forme de réussite de son projet. Et nous appelons de nos vœux, à ce que ces expérimentations conjointes puissent faire le socle d’une vaste réflexion sur la définition d’un cadre de vie apaisé répondant aux enjeux du réchauffement climatique pour l’ensemble de notre ville et de nos quartiers.

 

Je vous remercie.

 

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