[CONSEIL MUNICIPAL] 20190701 // Arthur Remy // Requalification des places Pradel, Tolozan et de leurs abords

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[CONSEIL MUNICIPAL] 20190701 // Arthur Remy // Requalification des places Pradel, Tolozan et de leurs abords

2019/4847 : Lyon 1er – Opération cœur presqu’île. Requalification des places Pradel, Tolozan et de leurs abords – Approbation d’une Convention de Maîtrise d’Ouvrage Unique entre la Métropole de Lyon et la Ville de Lyon  (4’)

 

Monsieur le Maire, chers collègues,

 

Nous intervenons conjointement sur ce dossier avec les élus du groupe Europe Ecologie les Verts, car nous sommes étonnés de l’absence de définition d’un programme d’aménagement, absence qui nous amènera à nous abstenir.

 

Hormis le déplacement de la trémie permettant l’accès au parking souterrain, le cahier des charges de consultation des concepteurs restent flou en abordant quelques notions – surtout des notions d’ambiances –, sans pour autant porter une vision sur l’aménagement futur des places. Vous allez nous dire : il faut laisser de la liberté aux concepteurs, architectes, paysagistes, qui vont intervenir et nous proposer des solutions. Oui, il faut laisser une place aux concepteurs d’espaces publics pour apporter les réponses les plus justes.

Mais pour que ces réponses soient les plus justes, il y a la nécessité de définir une vision des places Pradel et Tolozan : quelles doivent être leurs fonctions dans le maillage des places de la presqu’île et de notre ville ? à quels usages doivent-elles répondre ? sont-elles seulement porteuses d’un flux piétons, cyclistes ou souhaite-on que d’autres usages s’y agrègent ?

C’est en répondant à ces questions que vous pourrez porter une vision pour ces places. Et c’est cette vision future qui doit être le cadre du recrutement de la maîtrise d’œuvre. En d’autres termes, beaucoup plus techniques, nous regrettons l’absence d’un vrai programme d’aménagement qui puissent définir les futurs usages des places Pradel et Tolozan.

 

Des questions d’usages subsistent dans ce dossier :

 

D’abord, la question du vélo est insuffisamment traitée. Pourtant, elle est primordiale pour cet espace, car la place Pradel est au carrefour de nombreuses circulations : de la place de la Comédie, de la rue du Griffon, du Quai Lassagne d’où convergent de nombreux cyclistes. 

Premier écueil : la solution que vous envisagez – le passage par la rue Joseph Serlin – paraît complétement décalée par rapport au développement de la pratique du vélo. On le sait, l’usage cycliste est avant tout guider par de grandes perspectives : aucun cycle ne fera un détour si l’aménagement lui offre une traversée plus directe. Donc assumons que Pradel soit un carrefour cycliste et aménageons en conséquence pour faciliter la pratique du vélo.

Second écueil : la requalification du carrefour Morand / Pradel / Lassagne / Moulin est en tranche conditionnelle, alors que c’est ici que de nombreuses difficultés s’accumulent pour la traversée des quais.

 

Ensuite, le programme d’aménagement ne traite pas du tout de l’équilibre souhaitable entre les piétons et les skateurs. C’est l’une des spécificités de la place Pradel : une pratique du skate urbain. Je ne souhaite pas rentrer dans le débat du pour ou contre… mais observons collectivement que cet usage existe, qu’il est apprécié et qu’il contribue à l’appropriation de l’espace public par un public relativement jeune. C’est donc une force de la place Pradel, une offre qu’il convient de maintenir. Mais comment ?

Et de ce point de vue, le cahier des charges nous dit vaguement qu’il faudra composer sans préciser les vocations futures : faut-il séparer les usages ? ou faut-il les mixer ? on créée un parc de skate spécifique et à destination de qui ? ou est-ce qu’on propose des rampes qui peuvent servir également d’assises ?

 

Enfin, la végétalisation de l’espace, sa renaturation est évoquée, sans pour autant être précisées d’objectifs clairs et précis. Il y a évidemment la contrainte forte du parking souterrain qui n’est pas anodine. Malgré tout – et cette dernière semaine de canicule nous rappelle la nécessité de concevoir une ville moins minérale, support d’îlot de fraicheur urbain – malgré tout, nous n’avons aucune précision. Y retrouve-t-on la volonté d’un jardin ? d’un mail planté ? La présence de l’eau est à peine évoquée dans le dossier : en la matière, ne faudrait-il pas prévoir un aménagement plus conséquent en la matière pour permettre un ressourcement lors des pics de chaleur ? 

 

Vous le constaterez, la lecture de ce cahier des charges nous laisse interrogateur sur l’avenir des places Pradel et Tolozan. Beaucoup de questions restent sans réponses…

C’est dommage, car avoir un cahier des charges précis avec un programme d’aménagement c’est d’abord définir les usages souhaités sur une place. C’est aussi avoir une vraie capacité d’analyse des diverses propositions fournies lors du concours.

 

Je vous remercie.

 

 

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