[CONSEIL MUNICIPAL] 20190121 // Arthur Remy // Salle Rameau

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[CONSEIL MUNICIPAL] 20190121 // Arthur Remy // Salle Rameau

2019/4433 Lyon 1er – Déclassement du domaine public communal d’un ensemble immobilier situé 29 rue de la Martinière angle 5 rue Hippolyte Flandrin, couramment dénommé “Salle Rameau” – EI 01015 – Numéro d’inventaire 01015 A 000 et 01015 T 001 (5’)

Monsieur le Maire, chers collègues,

Au cours du Conseil Municipal du 18 Juillet 2017, Georges Képénékian était alors Maire de Lyon depuis un jour, je déclarais, au cours des débats sur la sortie de la salle Rameau du périmètre des services publics municipaux, qu’il y avait comme une précipitation à faire un projet sur la salle Rameau.

Comme sur bien d’autres sujets dans le 1er arrondissement, il y a de la précipitation à réaliser des projets, une précipitation à marche forcée subie par les habitants, une précipitation qui nous place, élus locaux et habitants, au centre de l’antagonisme de deux élus en particulier, et dont les habitants souffrent.

Et comme je le disais il y a un an et demi : « la précipitation n’est jamais bonne conseillère, et précipitation rime généralement avec maladresse, aberration, absurdité. » La précipitation à faire un projet sur la salle Rameau se fait donc au détriment de la qualité du projet et de son insertion dans les dynamiques locales.

Il y a donc de la précipitation cette fois-ci à déclasser la salle Rameau du domaine public. Vous allez me le dire, c’est la suite logique des choses entamées depuis Juillet 2017 : on sort du périmètre des services publics, puis on déclasse et enfin on conclut un bail emphytéotique administratif avec le lauréat de l’appel à projet que vous avez lancé…

Et malheureusement, tous ces termes, tout ce jargon administratif est plus le reflet d’une stratégie immobilière, que d’une volonté d’un projet culturel sur ce lieu. C’est ce que nous regrettons : l’absence d’un vrai projet culturel, encré dans son territoire, au sein d’une salle emblématique de notre ville.

Mais il est vrai que les débats impulsés autour de la salle Rameau ont toujours été sur le processus immobilier à adopter plus que sur la nature du projet. Les débats se sont focalisés sur le bail plus que sur la qualité d’un projet de salle. Pourtant, nous avons défendu, avec les élu.e.s de la Manufacture de la Cité, une autre voie, celle de la Délégation de Service Public.

Pourquoi cette voie ? Car c’est elle qui garantirait un vrai projet culturel avec une ambition bien définie. Mais cette voie nécessite du temps de réflexion, du temps d’analyse, du temps de projection… finalement un temps dont vous avez fait fi en vous précipitant et en voulant absolument un nouveau projet dans le 1er arrondissement.

C’est dommage, car ce temps aurait pu être mis à profit par une occupation temporaire et cadrée du rez-de-chaussée. On aurait pu fermer la salle dans un premier temps, puis y envisager une programmation culturelle tournante et ainsi, par cette expérimentation, tester de nombreuses configurations et voir ce qui marche ou pas… Vous savez, c’est ce que font de nombreuses villes, comme Bordeaux, Paris ou Nantes… Et puis, une fois les conclusions de cette expérimentation tirée, dans un mandat suivant, nous aurions pu trancher cette question, prévoir une DSP.

Ce n’est donc pas cette voie que vous avez choisie. C’est fort regrettable ! Je ne

voterai pas cette délibération.

Finalement en utilisant des outils de politique immobilière pour réaliser un projet culturel, vous avez manqué une opportunité. La Compagnie de Phalsbourg, lauréat de l’appel à projet et futur signataire du bail (si les négociations vont à leur terme…), la Compagnie de Phalsbourg, sa spécialité, ce ne sont pas les politiques culturelles, ni ses acteurs.

Sa spécialité, c’est le développement immobilier dans le domaine du commerce… Peut-être que ce projet était le plus raisonnable parmi les trois proposés. Raisonnable, car il ne prévoyait pas de restauration conséquente au rez-de-chaussée (ce qui aurait fortement déstabilisé le tissu des restaurateurs du bas des pentes…). Malgré tout, nous ne sommes pas certains et convaincus que la Compagnie de Phalsbourg saura tirer à profit le meilleur du tissu culturel local et s’insérer dans les dynamiques du 1er arrondissement. Au mieux, la Compagnie de Phalsbourg répondra à vos ambitions de rayonnement, mais ça n’en fait pas un projet culturel.

En élus responsables que nous sommes, nous pouvons y prendre notre part, car nous avons conscience que ce projet doit être une réussite. Nous le devons aux habitants du 1er. Et pour qu’il soit une réussite, il est nécessaire d’éviter toutes formes de précipitation, de ne pas baser ce projet sur une stratégie d’attractivité territoriale et enfin d’impulser un vrai projet culturel à partir des dynamiques locales.

Je vous remercie.

 

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