[CONSEIL MUNICIPAL] 20181119 // Arthur Remy //Création d’une zone à faible émission

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[CONSEIL MUNICIPAL] 20181119 // Arthur Remy //Création d’une zone à faible émission

2018 / 4240 : Création d’une zone à faible émissions (ZFE) sur le territoire de a Métropole de Lyon – Avis des communes concernées

Monsieur le Maire, chers collègues,

les questions d’environnement, de pollution de l’air, de mobilité ne se traitent pas à l’échelle des arrondissements, ou des communes… mais bien à l’échelle métropolitaine, celle d’un bassin de vie dans lequel les habitants ne sont pas statiques, vont et viennent entre logement, travail, commerces,… et tous ces déplacements génèrent des pollutions qui elles aussi vont et viennent au gré des vents et des conditions géographiques. Finalement, le modèle tant promu des années 70 à aujourd’hui, le modèle de la maison individuelle et des deux voitures par ménage a aujourd’hui du plomb dans l’aile ! Et vu qu’on a laissé faire pendant des décennies, nous voilà au pied du mur dans la nécessité d’agir !

La création de la Zone à Faible Emission fait donc le bon constat et apporte une solution pragmatique pour un secteur des mobilités métropolitaines, celles de centre urbain. Les mobilités motorisées génèrent des pollutions de l’air ; pour les réduire, il faut supprimer les sources de ces pollutions : et ainsi la ZFE interdit, aux véhicules polluants, l’accès au cœur de la Métropole constitué par Lyon et ses communes périphériques. Malgré tout, le périmètre de la ZFE ne concerne pas l’ensemble du territoire de la ville. C’est un premier point de faiblesse du dispositif. Aussi, je voterai le premier amendement des groupes Les Républicains et Les Indépendants qui propose d’étendre la ZFE sur l’ensemble de la ville.

Cependant, la ZFE son action sur les véhicules utilitaires ou les poids lourds, en écartant un peu rapidement les véhicules individuels… c’est un second point de faiblesse du dispositif, un fort regret.

Parce que si on regarde sur le long terme, voir le court terme car l’enjeu climatique et de santé est devant nous et aujourd’hui, la vraie question que pose la création de la ZFE est celle des mobilités au cœur d’une métropole : quel est son accès et par quel mode ? La vraie question, au regard de la pollution atmosphérique et du changement climatique, est : comment on peut réduire drastiquement les flux qui convergent vers le cœur de notre métropole ?

Oui, au lendemain d’un week-end marqué par les manifestations des gilets jaunes, le débat sur un péage urbain ou sur toutes autres formes de limitation et de contrôle accru de l’accès aux cœurs des métropoles est un débat courageux… mais un débat qu’on ne peut plus ignorer tant l’urgence climatique est devant nous, un débat que je trouve plus que nécessaire !

C’est un débat que nous devons avoir, mais qui ne peut se résoudre à la seule question des conditions d’accès au cœur de ville et de ses modalités. Ce débat il doit porter de manière globale : il doit redonner du sens à une action publique qui peut paraître aujourd’hui injuste. Je vois au moins trois points pour éclairer ce débat :

> d’abord l’accompagnement aux changements des usages. Car sans accompagnement, sans explication, sans pédagogie, le sens n’y sera pas et le dispositif ne sera pas accepté. Il s’agit de poser la question du choix de notre société : quelle ville souhaite-t-on pour nous et nos enfants ? quel cadre de vie ? quel environnement ? Mais au-delà de ces considérations de l’ordre de la communication, un acte politique aussi fort doit être accompagné par des dispositifs incitatifs permettant de changer pratiques et usages. Je voterai donc le second amendement proposé par les élus des groupes Les Républicains et Les Indépendants, car il va dans ce sens : proposer des mesures incitatives pour accompagner au changement des véhicules professionnels, comme il existe déjà de nombreuses mesures dans le domaine de la rénovation thermique.

> ensuite, autre point de débat, celui du développement de l’offre de transports en communs et de son attractivité. C’est une condition sine qua non !

Du point de vue de l’aménagement du réseau, il est nécessaire de mieux articuler les connexions entre le centre et la périphérie, de développer les parkings relais, de contribuer à de meilleures connexions entre le rail et le réseau de transports lyonnais.

Mais sans réel meilleur cadencement de ce réseau, l’utilisation des transports en commun restera une pratique peu attractive. Le métro A, par exemple, c’est seulement un passage toutes les 8 à 10 minutes à partir de 21h en semaine, week-end et jours fériés. C’est insuffisant !

Et enfin pour rendre attractif les transports en commun, il faudra passer par une politique tarifaire plus juste et plus équitable. De ce point de vue, certains, certaines, ici vous prôneront la gratuité des transports en communs… ou libre accès… C’est une solution généreuse, mais un peu simpliste, qui ne génère que peu d’effets vertueux et n’entrainent pas de report modal de la voiture vers les transports en communs. La justice sociale, ce n’est pas de continuer à augmenter continuellement le prix du ticket de métro. La justice sociale c’est de trouver le juste prix entre le prix du ticket de métro en fonction des moyens des ménages.

> enfin le dernier point du débat est, d’une manière plus générale et plus globale, le sujet de l’aménagement du territoire. La limitation de l’accès au cœur de la Métropole ne doit pas entraîner de déséquilibres. Il ne peut s’agir de rejeter en-dehors de la Métropole ce qu’on ne veut pas à l’intérieur, comme le propose le projet de l’Anneau des Sciences.

La ZFE, au côté d’autres dispositifs et de politiques publiques d’urbanisme, doit permettre d’impulser une prise de conscience de la nécessité d’un changement des mobilités individuelles. Parce que le pétrole est une ressource finie, limitée, inextensible, son coût ne fera qu’augmenter avec les années. Il pèsera de plus en plus dans l’économie des ménages, et, sera, demain, vecteur de conflits sociaux.

En résumé Monsieur le Maire, encore un effort sur les politiques de mobilité et d’environnement. Engagez vous pleinement, et sans détour, dans une plus large politique et plus globale des mobilités. Et pourquoi pas en l’expérimentant certains projets sur l’année et demi de mandat à venir.

Je vous remercie.

 

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