[INTERVENTION CONSEIL MUNICIPAL] Par Arthur Remy – Relocalisation et aménagement de la friche artistique Lamartine

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[INTERVENTION CONSEIL MUNICIPAL] Par Arthur Remy – Relocalisation et aménagement de la friche artistique Lamartine

| ETABLI : ACTUALITES ELUS Par Arthur Remy - Conseiller Municipal à la ville de Lyon 
_CONSEIL MUNICIPAL DU 28/05/2018 - 2018/3837 : Emplacement réservé Ferrandière – Opération 03420002 – Relocalisation et aménagement de la friche artistique Lamartine – Adaptation de l’opération et affectation complémentaire d’une partie de l’autorisation de programme 2015-1, programme 0005

Monsieur le Maire, chers collègues,

Avec le redéploiement de la friche Lamartine sur l’îlot Ferrandière, nous aurions pu espérer que notre Ville se dote d’un véritable projet d’urbanisme temporaire …

Dommage, on y était presque, on avait mis un pied dans la porte, mais on ne s’est visiblement pas hasardé à aller jusqu’au bout ! Allez, encore un petit effort, et nous y serons !

Pour vous aiguiller, je voudrais vous faire part d’un petit mémento sur l’urbanisme temporaire. Puisse-t-il apporter quelques réponses à vos questions et ainsi signifier les marges de progrès pour s’engager pleinement dans ce mouvement de fond.

 

D’abord, de quoi parle-t-on et à quoi ça sert ?

Avec l’urbanisme temporaire, il s’agit d’occuper des bâtiments vacants pour une durée déterminée (c’est le propre du statut temporaire). Il s’agit de réactiver des lieux en leur donnant de nouveaux usages. Il s’agit de libérer des possibles, d’expérimenter et de tester, dans l’objectif d’un futur projet urbain.

 

Est-ce que ça existe ailleurs ?

Bien évidemment, Lyon paraît d’ailleurs bien à la traîne…

Le projet le plus connu est sûrement les Grands Voisins sur le site de l’ancien Hôpital St Vincent dans le 14 ème arrondissement de Paris. Situé en plein cœur de ville, ce sont plus de 3Ha co-gérés par plusieurs associations, notamment une association d’hébergements d’urgence. Ce lieu propose une diversité d’activités : restauration, programmation culturelle, mais aussi atelier d’autoréparation, artisanats, etc.

Notons également le Darwin Ecosystème à Bordeaux, le Lieu Unique à Nantes. Ou encore, la friche de la Belle de Mai à Marseille réalisé par les équipes de l’architecte Patrick Bouchain. Ce dernier lieu nous inspire le projet de coopérative culturelle que nous défendons avec Corinne Soulanet et Jean-Pierre Bouchard sur le site de l’ancienne Ecole des Beaux-Arts dans le 1 er arrondissement. Initialement friche mise à disposition d’artistes, la Belle de Mai s’est progressivement structurée et regroupe aujourd’hui des ateliers pour artistes en résidence, des salles d’expo et de concert.

Bref, un lieu de vie au cœur d’un quartier populaire.

Enfin, parmi les incontournables acteurs de l’urbanisme temporaire, soulignons SNCF Immobilier et son Délégué Général, Benoît Quignon.

 

Comment faire ?

Que le projet soit d’origine publique ou privée, que le bâtiment concerné soit public ou privé, il est nécessaire de déléguer l’exploitation et la gestion du lieu à une association titulaire d’une convention d’occupation temporaire. Celle-ci va d’une part réaliser les travaux nécessaires à la mise en sécurité et l’accessibilité. Et d’autre part, pourra réaliser un appel à projet à destination de porteurs de projets dans le secteur de l’ESS, d’associations, d’artistes, etc. désirant intégrer le lieu. Une fois sélectionnés, les règles sont claires : dates de sorties, loyers modiques, conditions d’occupation, horizontalité de la gouvernance.

 

Combien ça coûte ?

Le coût de la mise aux normes des bâtiments pour garantir la sécurité et l’accessibilité. C’est donc bien un coût, mais il est à rapporter au coût qu’entraine une immobilisation immobilière liée à une vacance : chauffage et entretien à minima pour ne pas que le bâtiment ne se dégrade, éventuel gardiennage.

A titre d’exemple, le projet des Grands Voisins, c’est une très grosse partie d’hébergements d’urgence, donc une exigence importante en matière de sécurité incendie. Pour y arriver, sans subvention de la part de la ville de Paris, les Grands Voisins ont mis en œuvre un modèle économique : les activités génératrices de recettes (le bar, la location de salle) permettent de supporter les dépenses.

 

Qu’est ce que ça rapporte ?

D’abord, ça évite des dépenses inutiles liées à la vacance immobilière.

Ensuite, pour les villes qui s’engagent dans cette voie, elles gagnent en spécificité territoriale. Marseille aurait-elle été Capitale Européenne de la Culture si, au côté d’institutions comme le MUCEM, la friche de la Belle de Mai n’existerait pas ?

Enfin, l’urbanisme temporaire génère des lieux hybrides, capables de répondre à des besoins non identifiés par la classique planification urbaine. L’urbanisme temporaire sait surprendre, faire émerger et accompagner de nouveaux besoins.

 

Et que faut-il retenir ?

Il existe une très grande diversité de projets d’urbanisme temporaire. Presque chaque cas est unique dans son montage, son financement ou son exploitation.

Cette diversité est importante, car c’est elle qui garantit la bonne insertion des projets d’urbanisme temporaire dans les quartiers. Et, c’est cette diversité que met en avant la pavillon français à la Biennale Internationale d’Architecture de Venise au travers de l’exposition Lieux Infinis.

Dommage, Lyon n’y est pas présenté !

Je vous remercie.

 

 

 

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